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LORSQUE L’UN DES MEMBRES D’UN COUPLE EST ATTEINT DE DIABÈTE, SON CONJOINT DOIT ÉGALEMENT COMPOSER AVEC CETTE RÉALITÉ

Vivre, aimer et partager

Joe Solowiejczyk, inf. aut., M.S.S., ÉAD, thérapeute familial, diabète de type 1 depuis 1961.

Il ne fait aucun doute que vivre avec le diabète constitue un véritable défi. Les efforts qu’il faut constamment déployer tous les jours pour maintenir un équilibre sont épuisants. Il faut continuellement assumer la prise en charge d’un aspect ou de l’autre de la maladie tout en essayant de vivre comme n’importe quelle autre personne. C’est une très lourde tâche, il faut du courage et de la détermination pour y arriver seul.

La vie en couple, que l’on soit marié ou en union libre, peut sembler être un rêve fabuleux. Une mûre réflexion et beaucoup de travail s’imposent toutefois avant de pouvoir « partager » la réalité du diabète avec un être cher. En effet, la plupart d’entre nous avons appris depuis longtemps à assumer par nous-mêmes la prise en charge de la maladie. L’idée même de « passer les commandes à quelqu’un d’autre » ou d’accepter son aide peut sembler un peu déconcertante, d’où notre tendance à éviter ce sujet de conversation. Les questions que nous nous posons tout naturellement sont les suivantes : « Vont-ils m’accepter? Feront-ils ce qui doit être fait aussi bien que moi? Vont-ils juger ma façon de faire les choses ou de les éviter? Seront-ils présents quand j’aurai vraiment besoin d’eux? Comprendront-ils toujours ce que vivre avec le diabète signifie réellement pour moi? » Ces questions restent souvent sans réponse, mais elles refont surface lorsque nous décidons de vivre avec une autre personne. La relation à deux doit également accorder une place au diabète.

Je suis atteint de diabète de type 1 depuis 51 ans. Présentement, je vis seul, mais j’ai eu plusieurs relations sérieuses au fil des ans. Je me pose sans cesse ces questions. Elles me forcent à faire une réflexion introspective au sujet de ma capacité à faire confiance à la personne qui partage ma vie et à lui faire part de mes problèmes très personnels. J’avais 7 ans lorsque j’ai appris que j’étais atteint de diabète. On m’a alors expliqué que j’allais apprendre tout ce que je devais savoir pour assumer moi-même la prise en charge de cette maladie. Au fil des ans, j’ai appris que j’ai beau tout savoir pour assumer efficacement la prise en charge du diabète par moi-même, je n’ai pas à tout faire seul pour être efficace. La vie m’a appris à faire confiance aux autres et à leur présence pour m’aider à vivre avec le diabète au quotidien. Je peux compter sur eux. Cette observation peut sembler être l’évidence même. Mais, pour moi, tout au long de ma vie, elle s’est avérée être un véritable défi. J’ai finalement compris à quel point nous pouvons nous sentir seul lorsque l’on fait tout soi-même, et qu’il peut être réconfortant de pouvoir compter sur un être cher pour nous aider.

Voici quelques points qui pourraient vous aider pour aborder la question du diabète avec un partenaire :

  1. Pour être certain qu’une autre personne sera en mesure de vous aider à faire face au diabète, celle-ci doit absolument se familiariser et être à l’aise avec les aspects médicaux et autres aspects de la prise en charge de la maladie au quotidien. Une consultation en couple chez votre éducateur spécialisé en diabète pourrait l’aider.
  2. Bien qu’il soit important d’être au courant des aspects médicaux de la maladie, il est également important de faire preuve de curiosité et de montrer de l’intérêt envers la dimension affective de la vie avec la maladie.
  3. Un dialogue doit être entamé et des paramètres doivent être établis relativement aux questions ayant trait au soutien. Sans une discussion approfondie portant sur le sens que vous accordez à l’aide que vous recevez (par exemple, quelle est la meilleure manière de vous aider lorsque ça ne va pas) pourrait engendrer beaucoup de frustration, de colère et de ressentiment envers la personne qui essaie de vous aider. Une telle discussion aide votre partenaire à mieux comprendre votre situation, votre expérience et ce qu’elle peut faire pour vous apporter avec délicatesse l’aide dont vous avez besoin.
  4. Finalement, cette discussion vous oblige, vous, la personne atteinte de diabète, à réaliser que même si vous croyez être capable de toujours tout contrôler, votre partenaire sera présent lorsque ce n’est pas le cas. Par exemple, lorsque vous ne vous sentez vraiment pas bien, votre partenaire le ressent et se sent mal lui aussi. Faites attention à ses propres besoins, à ses craintes et ses préoccupations et à son besoin de savoir que vous prenez bien soin de vous. Soyez ouvert au dialogue et discutez avec lui de ce que vous ressentez lorsque le besoin s’en fait sentir.

Vous pouvez tout faire tout seul... mais vous risquez de vous sentir bien seul. S’il faut un peu de temps avant d’être capable d’accepter d’être vulnérable et de s’ouvrir à l’autre, nous reconnaissons presque tous que l’effort en vaut vraiment la peine. Vous découvrirez bien des choses au sujet de vous-même et de votre partenaire. Cette connaissance vous permettra d’approfondir et de renforcer la qualité de vos rapports avec votre conjoint