De nombreuses personnes atteintes de diabète de type 1 présentent une hyperglycémie lorsqu’elles font de l’exercice ou du sport de compétition. Les athlètes et les adeptes de sports de loisir sont souvent frustrés par ce phénomène qui s’explique de différentes façons.
- Si la quantité d’insuline dans le sang est insuffisante, la glycémie augmente.
- Si on fait en plus de l’exercice, et en particulier des activités anaérobiques comme la levée de poids, le sprint ou tout sport nécessitant des accélérations courtes et intenses, la glycémie peut augmenter davantage.
- Les faibles taux d’insuline associés à la sécrétion d’hormones (c.-à-d., épinéphrine, norépinéphrine, cortisol, hormone de croissance et glucagon) provoquent la libération par le foie de glucose dans la circulation, ce qui augmente davantage la glycémie. Ces hormones, appelées hormones du « stress », ont le même effet sur l’organisme, qu’il s’agisse de stress physique, comme l’exercice, ou de stress mental qui peut se manifester avant une compétition importante d’athlétisme. Les athlètes très compétitifs se trouvent souvent dans cette situation. (1)
Il n’existe aucune solution facile permettant de venir à bout de l’hyperglycémie avant, pendant ou même après l’exercice, dans la mesure où le diabète de chaque personne est différent. Certaines techniques permettent d’atténuer l’hyperglycémie. Par exemple, sous réserve de l’approbation de l’équipe de soins, l’insuline peut être administrée avant l’activité physique si la glycémie est initialement trop élevée; cependant, cette méthode doit être appliquée avec prudence car l’exercice et l’insuline peuvent entraîner une chute rapide de la glycémie. Ainsi, si une unité d’insuline entraîne habituellement une diminution de 3,0 mmol/L de la glycémie, il faudrait en administrer une quantité moindre pour obtenir la même diminution. La seule manière de déterminer la bonne quantité d’insuline à administrer est de vérifier la glycémie plus souvent, et d’établir les tendances relatives à son évolution plutôt que de se fier à une seule tentative. Si l’hyperglycémie pose problème durant l’épreuve, pensez à administrer l’insuline environ 30 minutes avant le coup d’envoi pour lui laisser le temps d’agir.
En cas d’hyperglycémie, on conseille également de boire de l’eau. L’organisme, souvent déshydraté par les glycémies élevées, peut ainsi s’hydrater. Pendant les exercices vigoureux, il se pourrait que la glycémie augmente simplement à cause de la déshydratation. Dans ce cas, le simple fait de boire de l’eau permet de normaliser la glycémie sans recourir à l’insuline. Que vous soyez diabétique ou non, le maintien d’une bonne hydratation contribuera à la performance. Cela est particulièrement vrai lorsque l’épreuve touche à sa fin et que la fatigue peut vraiment faire la différence entre la victoire et la défaite. Une bonne règle à suivre consiste à boire deux verres (16 onces ou 500 mL) deux heures avant l’activité, un verre (8 onces ou 250 mL) une demi-heure à une heure avant l’activité et 4 à 6 onces (125 à 190 mL) toutes les 15 à 20 minutes durant l’activité.
On conseille aux athlètes de compétition qui présentent, avant la plupart des épreuves, des glycémies élevées dues au stress mental, d’appliquer des techniques de gestion du stress. Si l’anxiété précédant la compétition peut être calmée, il se pourrait que la glycémie diminue. On pourrait alors simplement écouter de la musique avant un match ou recourir aux techniques plus élaborées présentées par Jack Broderick, (FITT, Inc., 2000) dans le tableau ci-dessous. (3)
Développer une stratégie pour faire face au stress
Représentation mentale positive
La représentation mentale positive est l’une des meilleures stratégies que vous puissiez utiliser. Nous y avons recours tout le temps. Lorsqu’on est stressé, on imagine le pire. On se réveille fatigué parce qu’on a passé la nuit à s’inquiéter; on imagine le trajet frustrant jusqu’au travail; on visualise notre bureau surchargé; on anticipe des interactions négatives toute la journée. Il s’agit d’imagerie mentale négative.
Apprenez à utiliser l’imagerie mentale positive
Au lieu de rester au lit à vous inquiéter, visualisez l’endroit le plus magnifique et le plus reposant que vous connaissiez. Imaginez-vous dans cet endroit – souvenez-vous-en dans les moindres détails – jusqu’à ce que le sommeil vous emporte. Apprenez à discipliner votre esprit – lorsque vous retombez dans des pensées négatives, ramenez-vous doucement vers cet endroit reposant. Il s’agit de remplacer l’habitude que vous avez de vous inquiéter. Lorsque vous êtes calme, remplacez les pensées négatives par des images positives. Imaginez-vous surmonter avec succès les défis de la journée. Créez une solution pour les défis qui se présentent à vous. Pensez à vous comme à un gagnant.
Souffrez-vous d’une tension musculaire chronique au niveau du cou, des épaules ou de la mâchoire? Grincez-vous des dents la nuit? Employez des techniques de relaxation musculaire pour libérer ce stress. Reprogrammez vos muscles. Concentrez-vous sur la partie supérieure de votre corps. « Scrutez » votre cou; soyez conscient des sensations qui s’y logent. Contractez les muscles de votre cou (pas trop, augmentez juste un peu la tension) pendant 3 à 5 secondes, puis relâchez lentement. Passez ensuite aux épaules. Poursuivez cet exercice du haut de la tête jusqu’au nombril. Pour libérer la tension située dans la partie inférieure de votre corps, commencez par vos orteils et remontez jusqu’au nombril.
La plupart d’entre nous respirons superficiellement. Le stress de la vie nous amène à respirer superficiellement et à prendre des respirations rapides par la bouche. C’est ce qu’on appelle une réaction de combat ou de fuite légère. Le fait de respirer profondément (respiration abdominale) nous aide à ralentir et à nous détendre, modifie le pH sanguin et met fin à la réponse de combat ou de fuite. Prenez une pause de trois minutes. Concentrez-vous sur votre respiration. Relâchez vos muscles abdominaux tout en prenant lentement une inspiration profonde – essayez de compter jusqu’à cinq à mesure que vous inspirez. Retenez votre respiration pendant 2 à 3 secondes. Expirez ensuite lentement. Vous remarquerez que votre poitrine s’affaisse à mesure que vous commencez à vous détendre. Pendant trois minutes, continuez à respirer profondément à un rythme détendu.
Une autre technique de respiration consiste à vous concentrer sur l’air qui sort de vos poumons. Lorsque vous expirez, sentez l’air tiède quitter votre corps. Chaque fois que vous expirez, purifiez votre esprit – libérez le stress et purifiez vos pensées anxieuses – tout en vous concentrant sur votre respiration.
En résumé, les athlètes de compétition font de l’hyperglycémie; ce sera aussi probablement le cas de ceux pratiquant des sports ou des activités intenses. Le fait de vérifier la glycémie avant, pendant et après l’activité physique permet de déterminer les tendances relatives à l’évolution de la glycémie et d’apporter des changements positifs. On recommande de remettre l’exercice à plus tard en cas d’hyperglycémie, lorsque le taux de glucose dans le sang est > 14,0 mmol/L et que le taux de corps cétoniques dans l’urine est > 8,0 mmol/L (ou si la concentration des corps cétoniques sanguins est > 3,0 mmol/L). L’objectif est d’atténuer les variations extrêmes en appliquant les idées susmentionnées; comme toujours, vous devrez aviser l’équipe de soins de tous les changements apportés à la prise en charge de votre diabète.
Rick Philbin, MED, ATC, CSCS
Directeur local – Région de l’Est, Animas Corporation
Membre du Conseil national, Diabetes, Exercise & Sports Association
Conférencier national, Children with Diabetes